Saint-Germain-des-Prés


Né autour de son abbaye médiévale, il devient dès le XVIIᵉ siècle un centre intellectuel majeur, avant d’être, au XXᵉ siècle, le haut lieu de l’existentialisme et de la vie littéraire parisienne. Ses ruelles élégantes, ses galeries d’art, ses librairies historiques et ses cafés mythiques composent un paysage urbain où l’histoire dialogue en permanence avec la modernité.

Des philosophes et écrivains tels que Jean-Paul Sartre ou Simone de Beauvoir y ont façonné une légende intellectuelle qui continue d’imprégner l’atmosphère du quartier. Aujourd’hui encore, Saint-Germain-des-Prés demeure un symbole d’élégance parisienne, mêlant patrimoine, création contemporaine et art de vivre.


L’église de Saint-Germain-des-Prés


Considérée comme la plus ancienne église de Paris, l’église de Saint-Germain-des-Prés constitue le vestige majeur de l’ancienne abbaye fondée au VIᵉ siècle par le roi mérovingien Childebert Ier. Son clocher roman, datant du XIᵉ siècle, demeure l’un des plus anciens de la capitale.

L’édifice présente un remarquable mélange de styles architecturaux, du roman au gothique, enrichi au XIXᵉ siècle par d’importantes restaurations et un décor peint inspiré de l’art médiéval. L’église fut longtemps une puissante abbaye bénédictine, centre religieux et intellectuel influent jusqu’à la Révolution française. Elle reste aujourd’hui un repère patrimonial essentiel du quartier.

Une vaste campagne de restauration menée au XXIᵉ siècle a permis de redonner tout son éclat à l’édifice. Les façades, le clocher et les toitures ont été consolidés, tandis que les décors peints du XIXᵉ siècle ont fait l’objet d’un minutieux travail de nettoyage et de restitution chromatique. Cette intervention a révélé la richesse des polychromies intérieures, notamment le célèbre semis d’étoiles des voûtes, dont la restauration a été soutenue par un mécénat original permettant aux particuliers de parrainer symboliquement une étoile et de contribuer ainsi à la sauvegarde du monument.

Le square Laurent Prache


Le square Laurent Prache a été ouvert en 1930. Il a été aménagé à l’emplacement d’anciens bâtiments dépendant de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, détruits dans les années 1920. Son nom lui a été attribué ultérieurement en hommage au sculpteur Laurent Prache (1880-1950), qui résidait dans le secteur.

Adossé à l’église Saint-Germain-des-Prés, le square Laurent Prache abrite une histoire singulière liée à une œuvre offerte à la Ville de Paris par Pablo Picasso en 1959. Le monument, dédié « À Guillaume Apollinaire », rend hommage au poète disparu en 1918. Pourtant, la sculpture qui domine la stèle ne représente pas Apollinaire, mais Dora Maar, muse et compagne du peintre. À travers ce buste, Picasso a souhaité réunir symboliquement deux figures majeures de sa vie et de l’effervescence intellectuelle de Saint-Germain-des-Prés.

Le 31 mars 1999, la sculpture disparaît mystérieusement. Le socle est retrouvé vide, portant seulement les traces d’un arrachement. Aucune piste sérieuse n’émerge et l’œuvre semble perdue, probablement écoulée sur le marché clandestin.

Un an plus tard, en avril 2000, un amateur d’art découvre au château de Grouchy, à Osny, un buste exposé dans le hall de la mairie. Reconnaissant la main de Picasso, il alerte les autorités. La sculpture avait en réalité été retrouvée par des agents municipaux dans un sous-bois voisin, sans que son origine ne soit identifiée. Exposée sans expertise approfondie, elle était passée inaperçue.

Grâce à la persévérance de ce visiteur, le lien est établi avec le vol parisien. Après une procédure engagée par la Ville de Paris, l’œuvre est restituée et réinstallée discrètement dans le square le 18 décembre 2001. Ce retour sans cérémonie a nourri certaines rumeurs, mais le buste de Dora Maar a bel et bien retrouvé sa place à Saint-Germain-des-Prés, refermant — du moins en apparence — l’un des épisodes les plus énigmatiques de l’art public parisien.


La place Furstenberg et le Musée Delacroix : un écrin romantique


Discrète et raffinée, la place Furstenberg est l’une des plus charmantes de Paris. Aménagée au XVIIᵉ siècle sur l’emplacement d’anciennes dépendances de l’abbaye, elle séduit par son atmosphère intime, ses façades harmonieuses et son célèbre candélabre central entouré d’arbres.

À quelques pas se trouve le Musée national Eugène-Delacroix, installé dans l’ancien appartement et atelier du peintre romantique Eugène Delacroix. C’est ici que l’artiste s’établit en 1857 pour se rapprocher de l’église Saint-Sulpice où il réalisait des décors monumentaux.
Le musée conserve peintures, dessins, esquisses et souvenirs personnels, offrant un aperçu intime du processus créatif de l’un des maîtres du romantisme français.

Deux très célèbres cafés de Saint-Germain-des-Prés


Deux établissements dominent l’imaginaire collectif de Saint-Germain-des-Prés :

- Les Deux Magots

- Café de Flore

Ces cafés, situés face à face sur la place Saint-Germain-des-Prés, furent au XXᵉ siècle les hauts lieux de la vie intellectuelle parisienne. Écrivains, philosophes et artistes – parmi lesquels Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, ou encore Picasso – y tenaient salon.

Les Deux Magots, fondé au XIXᵉ siècle, doit son nom à deux figurines chinoises (les « magots ») toujours visibles dans la salle intérieure. Le Café de Flore, ouvert à la même époque, devint un symbole de la vie littéraire et artistique d’après-guerre.

Aujourd’hui encore, ces établissements perpétuent une tradition d’élégance et de sociabilité, attirant visiteurs du monde entier et Parisiens fidèles à l’esprit germanopratin.