Eglise Notre-Dame du Liban
Où se trouve Notre-Dame du Liban à Paris ?

L’église Notre-Dame du Liban se situe 15–17 rue d’Ulm (Paris 5e), dans le Quartier latin, à proximité immédiate du Panthéon et au cœur d’un tissu d’institutions universitaires et scientifiques.
Le site paroissial la présente aujourd’hui comme cathédrale de l’éparchie maronite pour la France.
Une cathédrale maronite : de quoi parle-t-on exactement ?

Notre-Dame du Liban relève de l’Église maronite, Église catholique orientale de tradition syriaque antiochienne (en communion avec Rome), dont la liturgie, les chants et une partie des références spirituelles plongent dans le christianisme d’Orient. À Paris, cette présence n’est pas un « exotisme » : elle est devenue un repère durable pour une communauté installée de longue date, mais aussi un lieu-pont fréquenté par des fidèles d’horizons variés.
Repères historiques : d’une chapelle jésuite à une cathédrale maronite
Une construction fin XIXe siècle
L’édifice est construit vers 1893–1894 dans un style néogothique, sur les plans de l’architecte Jules-Godefroy Astruc.
Le tournant des années 1905–1915
La localisation n’a rien d’un hasard.Le contexte français de la séparation des Églises et de l’État entraîne le départ des jésuites ; la chapelle est ensuite attribuée au culte maronite et redédicacée en 1915.Un ancrage institutionnel : le Foyer franco-libanais
En 1937, un bail emphytéotique confie la gestion de l’église et de ses dépendances à la fondation du Foyer franco-libanais, ce qui consolide durablement l’implantation maronite dans le quartier.
2012 : érection de l’éparchie, l’église devient cathédrale
En 2012, Notre-Dame du Liban devient la cathédrale de l’éparchie Notre-Dame du Liban de Paris des Maronites, érigée par la constitution apostolique Historia traditiones du pape Benoît XVI.
Pourquoi ici, dans le Quartier latin ?
Une logique d’établissements : l’église est liée à l’ancienne présence éducative jésuite (école Sainte-Geneviève) et s’insère dans un périmètre marqué par l’enseignement et la recherche.
Une géographie des diasporas étudiantes et intellectuelles : le Quartier latin est historiquement le quartier des étudiants, des bibliothèques et des institutions. Pour une communauté maronite fortement attachée à l’éducation (au Liban comme dans la diaspora), ce voisinage fait sens : on y trouve facilement des jeunes adultes, des familles en mobilité, des chercheurs, et une circulation internationale régulière. (C’est une lecture cohérente avec l’identité du lieu telle qu’elle ressort de son histoire et de sa fonction actuelle.)
Un rôle de “maison commune” : au-delà du culte, la cathédrale fonctionne comme un point d’accueil communautaire, notamment autour du Foyer franco-libanais, ce qui renforce l’intérêt d’un emplacement central, accessible et symbolique.
Qui est Saint Charbel et pourquoi est-il si présent ici ?
Saint Charbel Makhlouf (1828–1898) est un moine maronite libanais, figure d’ascèse et de prière, devenu l’un des saints orientaux les plus connus dans le monde catholique contemporain. Il est béatifié en 1965 et canonisé le 9 octobre 1977 par le pape Paul VI. 
Son importance à Notre-Dame du Liban est visible notamment à travers les vitraux (réalisés dans les années 1993–1994), qui mettent en avant plusieurs saints maronites dont Charbel.
Au-delà de l’iconographie, Charbel occupe une place particulière dans la piété maronite : il incarne une sainteté « du désert » (silence, dépouillement, union à Dieu) et, dans la diaspora, il est souvent perçu comme un repère spirituel identitaire et un saint “de l’unité” entre Orient et Occident.
Qui sont les paroissiens aujourd’hui ?
La cathédrale est d’abord le lieu de référence des Maronites en France, puisque l’église parisienne demeure « l’église majeure » de cette présence.
Mais la réalité des bancs est plus composite :
Libanais de Paris et d’Île-de-France, installés de longue date ou arrivés plus récemment (familles, jeunes actifs, étudiants).
Franco-libanais et personnes attachées culturellement au Liban, pour qui la cathédrale est aussi un lieu de mémoire et de sociabilité.
Fidèles d’autres traditions (catholiques latins curieux, chrétiens d’Orient d’autres rites, visiteurs) attirés par la liturgie, la musique, ou la figure de Saint Charbel. (Cette dimension est classique pour une cathédrale orientale à Paris, et elle est cohérente avec la vocation de “pont” soulignée par des sources vaticanes sur Charbel et par le statut de siège éparchial.)
Un patrimoine discret mais remarquable
Architecture néogothique : volumes élancés, nef ample, chœur lumineux—un style parisien de la fin du XIXe siècle qui dialogue avec les grandes églises du quartier.
Vitraux contemporains (1993–1994) : ils racontent une sainteté maronite (saints fondateurs, figures monastiques, et Notre-Dame du Liban), et donnent au lieu une signature visuelle très spécifique.
Une histoire musicale : l’église a aussi servi de lieu d’enregistrements (notamment pour le label Erato), signe de ses qualités acoustiques et de sa place dans la vie culturelle parisienne au XXe siècle.
Ce que raconte Notre-Dame du Liban : Paris comme “capitale des passages”
Notre-Dame du Liban n’est pas seulement une église « libanaise à Paris ». C’est un lieu qui raconte simultanément : la manière dont les réformes françaises du début XXe siècle ont reconfiguré des présences religieuses, l’installation durable d’un christianisme d’Orient dans une capitale occidentale, et la capacité d’un quartier universitaire à devenir un point d’ancrage pour des communautés mobiles, intellectuelles et diasporiques.Retour sommaire des eglises du quartier latin